Escapade à Gérardmer

Différentes affiches du festival du film fantastique de Gerardmer

Alors que va débuter mercredi la 28ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmerqui se déroulera en version 100% online -, posons la question suivante :

Mais qu’est-ce que le film de genre ?

Une question qui revient souvent dans les discussions cinéphiles, et qui prennent leurs racines dans le contexte actuel du film de genre en France. Sans même définir ce qu’est le film de genre, force est de constater que celui-ci peine à se placer sur le devant de la scène chez nous. A contrario, certains pays comme la Corée du Sud ont réussi à transformer cette étiquette cinématographique en une marque de fabrique ultra populaire, à la manière des réalisateurs de la nouvelle vague Sud-Coréenne dont fait partie l’oscarisé Bong Joon-Ho.

Mais nous n’avons pas répondu à la question ! Le cinéma de genre : c’est quoi ? Qu’est-ce ? Qu’englobe-t-il ? Où commence-t-il ? Où s’arrête-t-il ?

Ce qu’on peut dire sans trop se mouiller, c’est que le cinéma de genre est à la base un cinéma marginal. Le cinéma de série B est alors l’étiquette qui a longtemps été la plus collée près du cinéma de genre, s’opposant ainsi inexorablement au cinéma dit d’auteur – dont la définition est par ailleurs d’autant plus floue. Le cinéma de genre n’est pas réellement codifié comme le peuvent être la comédie ou le drame. Intrinsèquement et paradoxalement, le cinéma « de genre » inclut en son sein plusieurs genres de cinéma.

La question qui se pose alors est la suivante : quels genres appartiennent au cinéma de genre ? C’est là que la question rencontre une impasse. On y fait rentrer bien volontiers le cinéma d’horreur, fantastique ou encore de science-fiction et les westerns, mais cela ne fait pas vraiment avancer le débat. Même les réalisatrices et réalisateurs étiqueté.e.s « cinéma de genre » s’offusquent – tant l’étiquette peut parfois paraître dégradante – de cette classification. Cela a d’ailleurs donné une discussion très intéressante organisée par l’Ecole de la SRF sur le sujet.

Vous l’aurez compris : il est difficile de répondre à cette question tant les opinions divergent.

Marginal, multi-genres, critiqué, adulé, redouté : une chose est sûre, parler d’un film de genre c’est parler d’une transgression des codes actuels et prôner un amour profond pour le cinéma. C’est Xavier Gens et son film Frontières(s), le cinéma de Quentin Tarantino, Suspiria et tous les autres classiques du maître Argento ou encore des films comme Martyrs, Revenge, Sheitan, Evil Dead…et tant d’autres. Il y aura pour nous d’autres occasions de revenir sur ce pan entier du cinéma qui en fait rêver plus d’un.e.

Après cette session de name-dropping un peu facile, The Film Society vous souhaite une bonne escapade à travers sept films tous passés par l’incroyable Festival de Gérardmer et qui ont retenu l’attention de notre rédaction. Au programme : de la peur, du rire, des messages forts, du rêve, et une bonne dose d’amour pour cet art que nous aimons toutes et tous.

Action !

 

Le Festival international du film fantastique de Gérardmer a lieu tous les ans à Gérardmer dans les Vosges depuis 1994, ayant repris la relève de l’ancien Festival international du film fantastique d’Avoriaz. Chaque année, un jury décerne plusieurs prix à des courts-métrages et longs-métrages relevant du fantastique.

Proposé et rédigé par Julien Benard