Last Party 2020

Cette semaine, l’élection présidentielle américaine prendra fin, et avec elle, peut-être, l’un des mandats les plus incontestablement marquants de l’histoire des Etats-Unis.

Autant détesté qu’adulé par certains de ses électeurs, Donald Trump a marqué, divisé, parfois consterné son peuple et le monde entier dans un contexte marqué par une pandémie mondiale, des tensions raciales exacerbées et la montée des violences policières.

Indétrônable cinéma le plus diffusé, commenté, populaire du monde, le cinéma américain entretient des rapports à la fois intimes et houleux avec la politique de son pays et ses présidents et le cas de Donald Trump ne fait pas exception. Entre Hollywood et le candidat-président républicain s’est nouée une histoire d’amour-haine digne d’un film des plus grandes écuries de l’industrie cinématographique, le second sentiment prenant généralement le pas sur le deuxième une fois l’ancien acteur-homme d’affaire-animateur de télévision devenu homme d’Etat.

Puissant homme d’affaire sollicité pour apparaître de manière humoristique dans des films grand public tels que « Maman j’ai raté l’avion » dans les années 1980, Trump est devenu la cible numéro un d’Hollywood dès son investiture en tant que candidat républicain en 2016. Attaqué frontalement dans les plus grandes cérémonies de l’industrie pour ses propos racisto-mysogines et sa politique de division, il est également amplement caricaturé (Alec Baldwin) par un cinéma hollywoodien qui se veut, en réaction, plus politique que peut-être jamais auparavant.

On peut donc parler en 2020 d’« années Trump » dans le cinéma Hollywoodien comme on parlait d’ « années Reagan » dans les années 1980.

Phénomène loin d’être propre à notre époque, tant le cinéma américain s’est toujours intéressé, de près ou de loin, à la politique de son pays.

En effet, depuis l’invention du cinéma nous ont été proposés par des réalisateurs éclairés tout un panel de films traitant de la politique américaine. Qu’ils soient thrillers, documentaires, comédie, fables, parfois engagés, souvent ironiques, chacun de ces longs-métrages présente un point de vue, celui d’un artiste, d’un réalisateur, doté d’une vision qui lui est propre sur l’histoire et la politique de son pays.

Dans « Mr Smith au Sénat », Franck Capra met en scène avec humour un jeune James Stewart, idéaliste et crédule, qui va par sa bonté et sa soif d’authenticité chambouler un système politique corrompu. Avec « Tempête à Washington », Otto Preminger dissèque les institutions américaines, dans un but d’information du spectateur. Documentaires au vitriol, « Last Party 2000 » et « Fahrenheit 9/11 » portent les points de vue de deux créateurs engagés, Philip Seymour Hoffman et Michael Moore, sur les élections et leur Amérique contemporaine. Plus formaliste, Georges Clooney avec « Les marches du pouvoir » s’attaque aux campagnes américaines, véritables jeux de pouvoirs entre têtes de listes ambitieuses mais déloyales entre elles. Enfin, dans un style très différent, « Borat 2 » dresse un portrait terrible des années Trump, sous fonds de tension raciale et de scandales politiques. Les sept films présentés cette semaine traitent donc de la politique américaine vue par leurs grands réalisateurs. Quand la fiction s’empare de la réalité pour alerter le spectateur et aspirer à un monde meilleur

Éditorial proposé et rédigé par PierreSenecal