Le Danseur du dessus

Qui était Fred Astaire ? Qui se cache derrière l'homme au look de dandy mêlant la grâce et la virtuosité dans ses mouvements ? Retour sur un artiste qui était capable de répéter des jours et des nuits entières un seul et même enchaînement pour atteindre la perfection face à une caméra.

 

La bataille d'Austerlitz

Quelque part au nord-est de l'Autriche, un brasseur, Friedrich Austerlitz prend une décision radicale : il quitte son pays natal pour émigrer en direction des Etats-Unis, au Nebraska. Tandis qu'il s'active au développement d'une nouvelle activité commerciale, il rencontre et épouse Johanne Geilus, une institutrice avec qui il aura deux enfants : Adele et Frederick. Le jour où le gouvernement du Nebraska interdit formellement la production de bières, la famille n'a pas le choix et doit déménager, leur destination : New-York. Se découvrant une passion pour la danse au cœur de son école, la sœur aînée finit par entraîner son petit frère dans cette activité artistique. Un duo naît alors, le duo « Astaire », nom de scène en référence à leur grand-mère maternelle, et qui iront jusqu'à se produire tant bien que mal sur les planches de Broadway.

 

Les studios RKO

Le frère se forge une popularité de plus en plus importante au cœur de la Grosse Pomme au cœur de centaines de représentations de The Band Wagon. Et comme toujours dans ce milieu, c'est un producteur de cinéma qui finit par le repérer, et pas n'importe qui, monsieur Mervyn LeRoy en personne. Après quelques essais au cœur des studios de la RKO, peu encourageants car jugé physiquement non compatible à l'image d'Hollywood (en outre sa calvitie), Astaire décroche finalement le Graal avec le tournage de trois films consécutifs : Le Tourbillon de la danse, Carioca où il fera la rencontre déterminante avec sa partenaire de toujours Ginger Rogers et enfin La Joyeuse Divorcée. Fred Astaire décolle et explose les chiffres, son style de dandy est reconnu, ses chorégraphies sont à couper le souffle, en bref, il devient un indispensable du tout Hollywood et l'un des acteurs majeurs de l'âge d'or de la comédie musicale.

 

La fin d'une époque

Tous en scène, point culminant de la carrière de l'acteur, marque paradoxalement son éloignement au genre musical. Et s'il peut se vanter d'un duo avec Audrey Hepburn et d'une dernière collaboration avec Cyd Charisse, son autre muse, Fred Astaire se cantonne au drame avec en tête de liste la mythique Tour Infernale. L'Histoire retiendra cette séquence d'anthologie à la 42e cérémonie des Oscars (en 1970) dans laquelle l'interprète improvise un pas de danse du haut de ses 71 ans. Figure éternelle, et osons le dire grande icône du septième art, sa disparition marquait alors la fin d'un temps et les débuts d'une certaine nostalgie, même pour les générations n'ayant jamais vécu au cours de l'ère Astaire. Un regret pour les cinéphiles ? Celui de se contenter d'une seule et rapide collaboration avec "l'autre maître" : Gene Kelly, le temps d'un tableau au cours des Ziegfeld Follies de Minnelli.

 

Proposé et rédigé par Thibault Juilliart