L’effet Carpenter

Artwork par Popcultart

Joyeux Noël, ou presque ! Alors que nous approchons de traditionnelles fêtes de fin d’année, le climat reste morose. Ce n’est pas cette année que nous ferons des fêtes dignes de ce nom, ni cette année que nous irons nous réfugier dans nos salles chéries.

Pour vaincre la morosité, il y a plusieurs solutions, et cette semaine nous allons nous efforcer d’en proposer une, du nom de Carpenter. John Carpenter, qui est-ce ? L’un des réalisateurs les plus cultes du cinéma d’horreur et de science-fiction. Il est également reconnu comme une figure majeure du cinéma indépendant : c’est à 25 ans seulement qu’il met en scène son premier long-métrage Dark Star.

Si le nom de Carpenter est familier même hors de la communauté cinéphile, c’est grâce à deux cartons pleins dont l’aura n’a aujourd’hui aucune limite : Halloween, la nuit des masques et The Thing.  Il a réussi en une carrière à imposer deux films comme classiques respectifs de leur genre. Parler de John Carpenter, c’est évoquer un artiste complet. Auteur, metteur en scène mais aussi musicien : il compose les OST de ses films et est en réalité un pionnier de ce qui a été nommé synthwave dans les années 2010, dont un artiste français a même repris le nom, en hommage : Carpenter Brut.

Il faut dire que les nappes de synthé et les lignes de basse sont indissociables du cinéma de Carpenter : c’est elles qui donnent le rythme, encore plus que l’image. On pense au formidable Assaut dont la mélodie est fondatrice de la tension du film, film qui fait écho à un autre grand classique du cinéma d’horreur, La nuit des morts-vivants par le grand George Romero.

Une autre réelle caractéristique majeure du cinéma de Carpenter qui en fait tout son charme – à mon goût – est ce côté indéniablement cheap de son cinéma, du moins pour les spectateurs d’aujourd’hui. Mais ce n’est pas le cheap du nanar malgré lui ou encore le cheap dénué de toute volonté artistique : c’est au contraire une marque d’amour profonde au cinéma. C’est une toute nouvelle façon de produire du cinéma de manière indépendante.

Car oui, John Carpenter est avant tout un passionné et une source d’inspiration infinie pour toutes et tous les réalisateurs ou réalisatrices aujourd’hui, à l’image de Seth Ickerman et leur délicieux Blood Machines sorti en 2019 (dont la bande originale est composée par Carpenter Brut). Carpenter, c’est un nom qui lui va bien. C’est le charpentier d’un pan du cinéma entier : celui qui prône l’indépendance, le film de genre et un amour sans limites.

Cette semaine, The Film Society vous emmène sur les pas de sa filmographie aussi étonnante qu’éclectique : bon voyage !

Proposé et rédigé par Julien Benard