Reflet(s)

Une thématique au cinéma

 

Le cinéma est une toile. Une toile mouvante où l’on jette sans arrêt – à une fréquence avoisinant les 24 images par seconde – des personnages, des décors, des couleurs.
Et c’est en faisant bouger ces images que l’on raconte des histoires.
Comme tout art, le cinéma est le reflet de nos mœurs, de nos fantasmes et de nos pulsions… Et puisqu’aujourd’hui nous devons parler du reflet : ainsi soit-il ! Petit voyage à travers quelques fameux reflets du 7ème art.


  La perspective du reflet dans un film relève d’abord d’un enjeu technique : comment faire disparaître la caméra ? Fonds verts et autres effets spéciaux se sont rapidement dévoilés pour les réalisateur.trice.s en herbe ! Mais si l’on ne devait retenir qu’un seul plan mythique d’un point de vue technique, on garde volontiers celui de Contact (1997) de Robert Zemeckis avec cette petite fille courant en direction d’un miroir. Pour voir la vidéo, c’est juste là.

Mais l’idée du reflet est en elle-même porteuse de multiples opportunités narratives.
Parlons peut-être de l’idée de peur avec le film Candyman (1992) de Bernard Rose où répéter cinq fois le nom « Candyman » devant un miroir le ferait apparaître derrière vous. Le reflet n’est parfois qu’une tromperie et échappe à la réalité comme dans Evil Dead 2 (1987) de Sam Raimi ou Black Swan (2010) de Darren Aronofsky, où les reflets de Bruce Campbell et Natalie Portman se désolidarisent de leurs hôtes. C’est aussi une histoire de réalités alternatives et d’oppositions. C’est Ellen Page, qui dans Inception (2010) de Christopher Nolan, travaille le rêve à sa volonté et développe un infini de possibilités. Dans les fameux reflets, songeons à l’utilisation faite du Miroir du Risèd dans la saga Harry Potter où le miroir prend le rôle métaphorique du reflet de l’âme en montrant ce que l’on veut à tout prix.


Se refléter c’est aussi s’observer et se parler à soi, pour s’affirmer comme dans La Haine (1995) de Mathieu Kassovitz ou encore dans Taxi Driver (1976) de Martin Scorsese. Mais c’est de manière plus générale une division de la personnalité que le reflet introduit dans un objet cinématographique. On arrive inexorablement sur le thème de la dualité dans des films comme Lost Highway (1997) de David Lynch ou Enemy (2013) de Denis Villeneuve.

Le reflet est une thématique centrale tant elle peut prendre différentes significations. Arte a fait un super Blow Up dessus, ça vaut le coup d'aller voir ;)