La Vérité

Henri-Georges Clouzot, 1960 - 2h04

Amant / Cinéma Français / Procès / Cinéma Européen / D'après une histoire vraie


Dominique Marceau est accusée du meurtre de Gilbert Tellier, son amant. Un procès s'engage contre la jeune femme que tout accuse.

Le tour de force de ce long-métrage réside dans « la vérité » de l'interprétation de Brigitte Bardot. D'une force saisissante, la sex-symbol de l'époque habituée aux comédies mettant plus en valeur sa plastique que ses talents d'actrice provoque un tonnerre sur grand écran. Derrière cette fougue, l'éternel insatisfait Henri-Georges Clouzot et ses méthodes barbares pour pousser à bout la comédienne. Il n'est guère étonnant qu'à l'image du personnage qu'elle incarne, Brigitte Bardot ait eu l'envie de se suicider quelques jours après la fin du tournage. Le parallèle entre les deux entités peut aller plus loin encore puisqu'à travers ce procès, ce déversement de haine et de mépris, se retrouve l'actualité de l'actrice qui ne faisait guère l'unanimité dans le cœur des français de par ses partis pris considérés comme immoraux.

"Librement inspiré de l’affaire Pauline Dubuisson, l’un des faits divers les plus médiatisés des années 1950, « La Vérité » met en scène Brigitte Bardot, jeune femme belle et frivole, accusée d’avoir assassiné son amant, un Sami Frey très amoureux. Confrontée seule à un monde de juges masculins, âgés et conservateurs, l'héroïne incarne la jeunesse française des années 1960 en quête de liberté et d’émancipation, et son procès devient l’incarnation d’un conflit générationnel inhérent à cette période pré-mai 68. Très vite le spectateur est mis dans la confidence : Dominique est innocente du crime dont on l’accuse. Se dessine alors la véritable nature de ce procès, la « vérité » chère à Clouzot : Dominique est jugée sur ses mœurs légères, sa liberté provocatrice qui génère un climat de haine palpable pour l’audience conservatrice du tribunal. Impensable à l’époque d’imaginer une jeune femme indépendante, résistant aux charmes de son prestigieux amant, promis avant son décès à une brillante destinée de chef d’orchestre. Pourtant, c’est bien Gilbert qui aime Dominique, qui la veut sienne elle qui ne veut être que libre, inversion de mœurs impensable pour une vieille génération austère aux valeurs exemplaires. Bien malin, Clouzot choisi pour son rôle phare Brigitte Bardot dont la vie privée rebelle est particulièrement exposée, faisant alors échos au personnage de Dominique pour un double-jeu troublant. Succès colossal, le film atteindra les 5 millions d’entrées et consacre une Bardot incarnation de la jeunesse révoltée des sixties."


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