Mort à Venise

Luchino Visconti, 1971 - 2h10

Cinéma Européen / Venise / Trouble / Cinéma italien / Androgynie / Musique classique / Amour interdit


Gustav von Aschenbach, en visite à Venise, est troublé par le jeune Tadzio. Réservé de nature, et qui plus est malade, le compositeur ne sait comment approcher l'adolescent qui le trouble de jour en jour.

"L'orifice par où s'écoule le sable est si étroit qu'il me semble au début que le niveau du globe supérieur ne va jamais changer. Nous ne réalisons la chute du sable que lorsqu'elle touche à sa fin. Et jusqu'alors, il paraît vain d'y réfléchir. C'est au dernier instant, lorsqu'il n'est plus temps, que naît en nous en nous l'envie de méditer." - Cette réplique de Dirk Bogarde résume à elle-seule toute l'étendue poétique et tragique du long-métrage adapté de l'inadaptable roman de Thomas Mann. En remplaçant l'écrivain munichois d'origine par un compositeur, en l’occurrence Gustav Mahler (bien qu'il se nomme Gustav von Aschenbach dans l'oeuvre), Luchino Visconti accorde une place vitale à la musique classique, la Symphonie n°5 hante le montage comme le choléra s'accapare les moindres recoins humides de la Cité des Masques. Essentielle à l'installation d'une sensibilité, la musique transcende le film d'une façon si naturelle que les notes remplacent les mots et les émotions. Prouesse si rare qu'il est primordial de le spécifier. Véritable marque de fabrique, Luchino Visconti utilise une fois de plus le zoom optique dans l'espoir de rapprocher vainement un homme et un adolescent bellâtre dont la relation, bien que distancée, résulte de minute en minute d'une fusion saisissante.

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