The Hole

Tsai Ming-liang, 1999

Cinéma taïwanais / Pluie / Limite / Cinéma Asiatique


À une semaine du passage à l'an 2000, Taiwan croule sous des pluies torrentielles porteuses d'un virus. Rares sont les habitants refusant un transfert de la part du gouvernement, dont un voisin et une voisine, séparés par un simple trou.

  Sous influence kafkaïenne, l'acteur Lee Kang-sheng est à Tsai Ming-liang ce qu'était Marcello Mastroianni à Federico Fellini : un corps-objet prisonnier par la mise en scène. Cette dernière, marquée par cinq séquences musicales provoquant un phénomène d'hétérotopie est un hommage à Grace Chang et à la période musicale des années 1950, aujourd'hui révolue. Deux atmosphères s'opposent avec un point en commun : la pluie. Véritable personnage à part entière, omniprésente, hallucinante, elle accentue le sentiment carcéral de l'immeuble. Comme toujours, Tsai Ming-Liang privilégie les longs plans ainsi que les plan-séquences dans le but de volontairement traîner en longueur le quotidien morne et sans vie des résidents, l'ouverture du film par exemple est un plan-séquence de cinq minutes où Lee Kang-Sheng se lève de son canapé pour ouvrir la porte d'entrée. Une métamorphose du corps et du décors, liés, prisonniés d'un environnement provoquant une osmose hors-norme. Cet univers, c'est celui d'un réalisateur atypique taïwanais qui aime surprendre à chacun de ses films, The Hole étant le meilleur représentant.

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